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jeudi 13 septembre 2012

Projet XVIIIème : le corps baleiné (4)



Je suis partie avec dans mes valises tous les morceaux du corps coupés mais "indépendants"... Pour rappel, voici les tissus que j'emploie pour cette création: une toile d'ameublement très épaisse, écrue, en guise de coutil, et pour ceux qui suivent le blog, vous aurez reconnu le taffetas floqué utilisé pour doubler les manches du bliaut!


Vacances obligent, le travail a avancé bien lentement car je n’avais pas ma machine avec moi… Ce sera donc un corps cousu « à l’ancienne » c’est-à-dire tout à la main ! (sauf les œillets, faut pas pousser, hein, quand même !)







Voici une courte avancée, peu gourmande en temps mais bien satisfaisante : les pièces du tissu extérieur et de la toile sont assemblées, coutures ouvertes, ça commence à vraiment ressembler à quelques chose (moins à l'envers, mais bon...):



Sur le chemin du retour, j'ai épinglé en place le ruban de satin qui va à la fois renforcer les couture d'assemblage et masquer les défauts de raccords des motifs (pour un premier corset, j'ai déjà veillé à la symétrie des motifs sur les pans droite/gauche et ce ne fut pas une mince affaire, pour les raccords on verra au suivant!). Ces rubans sont désormais piqués, le résultat est très satisfaisant, mais j'hésite à conserver ou non les deux du milieu (qui restent seulement bâtis pour le moment)...






Projet XVIIIème : le corps semi-baleiné (3)


Aaaaalors, et cette toile ? Eh bien pour une toute première, c’est une franche réussite !! Les repères des lignes de taille et poitrine coincident presque partout, les bretelles sont assez longues pour être attachées devant (épinglées pour le moment), et l’essayage est concluant : ni trop grand ni trop petit, youpiiii !
Les vilaines photos nettes juste épinglé sur Germaine :


 

Sur la bête, lacé sans puis avec baleines:



Il y a quelques défauts mineurs : le laçage dos est aisément bord à bord au niveau de la taille, et les baleines de devant rebiquent sur le gradubidou… il va donc falloir tailler dans le lard (du corset, pas de la dame)! Mais l’effet « remodelant » des baleines est déjà visible à l’œil nu, c’est épatant…

Il est temps maintenant de démonter la toile et d'attaquer les choses sérieuses: la découpe du tissu et le montage du corps "pour de vrai"!

mercredi 29 août 2012

Projet XVIIIème : le corps semi-baleiné (2)


Dans un objectif d’investissement minimal pour cette expérimentation maximale, j’ai donc acquis le livre suivant :
Il contient à la fois le patron de la robe chemise, celui d’un corps baleiné (entièrement), et bien d’autres jolies choses de toutes périodes…
Voici la planche originale de Leloir, dont est tiré le patron du livre :

ETAPE N°1 : L’agrandissement a été fait à la main, selon plusieurs méthodes trouvées sur le net… tracer les carreaux sur la photocopie du livre agrandie à un format A4 a été une partie de plaisir. Le référencement de tous les petits points et les calculs pour passer des centimètres aux inches, fastidieux mais fastoche !L’affaire s’est corsée quand j’ai dû reproduire mon quadrillage en taille réelle sur une grande feuille (du vieux papier peint) : non seulement c’est long à faire, mais en plus, j’ai foiré mes angles droits, malgré la règle ET l’équerre conjuguées, screugneugneu…
Le A4 quadrillé, et la feuille de mesures sur le quadrillage taille réelle  

Et tadam !
Ce n’est que bien après que j’ai découvert l’existence de ce site qui propose tous types de feuilles quadrillées à imprimer ! bon, ce sera pour la prochaine fois…

ETAPE N°2 : Comme il s’agit d’un patron historique du XVIIIème, il faut le mettre à mesures… la planche de Leloir ne comporte aucune indication des mensuration de la dame à qui ce corps était destiné. La première chose à faire a donc été de déterminer (un peu au pif) l’emplacement des lignes de poitrine, de taille et de hanches… Bon taille c’est facile, c’est à priori le point le plus étroit de chaque pièce ; poitrine, vu les décolletés de l’époque et l’effet « push-up » produit par ce type de corset, j’en ai déduit que la ligne de poitrine passait quasi à ras du bord supérieur (j’ai laissé une simple marge de 1 à 2 cm, pour le principe de ne pas montrer les aréoles, ce qui est ridicule car ces corps ses portent exclusivement par-dessus une chemise) ; ligne de hanches, il n’y en a pas, les corps de cette fin de siècle finissent assez haut, et les « tassettes »  (les espèces de bords découpés dans le bas du corset) démarrent quasi à la taille).
Comme je m’y attendais, j’ai du rajouter des centimètres au tour de poitrine (un peu) et au tour de taille (beaucoup) ; par contre, à ma grande surprise, dessous de poitrine et hauteur de buste correspondent parfaitement aux mesures du patron d’origine !
Une fois le patron tracé et découpé, il faut passer à la toile

mardi 28 août 2012

Projet XVIIIème : le corps semi-baleiné (1)


Mes sources d’inspiration pour le corps semi-baleiné, pêle-mêle :

LES PATRONS
marquise.de
marquise.de 
costumersmanifesto 














 americanduchess
















LES CORPS HISTORIQUES



musée du costume de Bath
1770
1760-70


LES  BLOGGUEUSES ET BOUTIQUES

1780
par Augustintytär
style 1740-60, sans bretelles



modèle 1780 selon Norah Waugh
Et l’excellentissime tuto de Fubuki pour Couture Urbaine.

Avec tout ça, ça donne envie de se lancer, non ?

lundi 13 février 2012

Projet XVIIIème: les dessous (1)

A chaque époque sa mode, à chaque mode sa ligne particulière, et pour obtenir cette ligne, les fondations sont essentielles! Il est illusoire de vouloir faire une robe à la française par exemple, ou une tournure, qui semble historique sur le papier/patron, sans lui assortir les sous-vêtements de l'époque qui vont constituer l'architecture, la colonne vertébrale du vêtement, sous peine de se retrouver avec un magnifique déguisement façon princesse Disney!

Il est même essentiel de faire les dessous AVANT de couper la robe, car corps, camisole, corset victorien, paniers, crinoline, ou jupon vont totalement remodeler les lignes et volumes du corps et imposer au vêtement des directions inattendues.

Voici donc l'étape 1 de mon projet: LES SOUS-VETEMENTS!

De quoi se composent les dessous d'une robe chemise fin XVIIIème? Peu de documentation sur le sujet et beaucoup de débats... selon qui la porte, quand, où et comment, les dessous peuvent aller d'un simple blanc-corset à un grand corps à baleines, c'est-à-dire d'un corps tout mou à un buste très structuré. Il faudra également un jupon pour donner du corps à la jupe, et neutraliser la transparence du voile de coton... et éventuellement  des coussins sur les hanches ou les fesses? à voir...


LE CHOIX DU CORSET

le blanc corset: "A l'époque, le corset ou blanc corset ou corps de cotte est au contraire un vêtement souple. Il peut être rigidifié par quelques baleines situées sur le devant et au milieu de dos. Il est généralement en toile piquée qui assure le maintien. Il tire son nom du fait qu'il est "blanc" de baleines - sans baleines - et non du fait qu'il soit en majorité réalisé en toile blanche qui en permet le lavage fréquent." source l'Atelier d'Arachnée

le grand corps à baleines: "La partie supérieure du « Grand habit » de cour féminin est un corset très serré et rigide nommé le « grand corps », de forme conique et étroite, qui comprime fortement les côtes flottantes (basses), et dont les bretelles projettent les épaules en arrière, rapprochant les omoplates et donnant un dos très droit et un beau port de tête. C'est probablement la forme de corset la plus contraignante à avoir jamais été portée." source Wikipédia


le corps semi-baleiné: de coupe similaire à celle du grand corps, il se distingue par son baleinage beaucoup plus "light", autorisant une plus grande liberté de mouvement.  Il est de fait également beaucoup plus léger.



exemple de grand corps (les baleines sont piquées à touche-touche et doublent entièrement le corset)  VS corps semi-baleiné (quelques baleines par-ci par-là): (images quand blogger voudra bien me les charger...grrr!)




C'est pour ce dernier modèle que je vais opter, d'une part par souci d'économie (les baleines c'est pas donné!), d'autre part car ce sera ma toute première réalisation en corsetterie, et que je ne suis pas à l'abri de petits décalages... or un décalage d'inclinaison sur une seule baleine dans un grand corps, peut se répercuter en cascade jusqu'à une symétrie complètement foirée à la fin du montage! (mode psychodrame de la débutante en corsetterie ^-^)


En écumant les sites, blogs, et librairies en ligne, j'ai craqué pour ce très beau livre de Noarh Waugh, The cut of women's clothes 1660-1930, qui couvre une très large période en terme de costumes historiques, et a l'avantage de proposer à la fois le patron de la robe-chemise, et celui du corps baleiné.


En avant pour l'agrandissement du patron à taille réelle!