samedi 17 août 2013

Murder Party en 1910: Corset (1)

Le Corset !
Gros morceau, pièce essentielle… Sans lui, point de silhouette 1910, juste un déguisement.

Je vous ai déjà expliqué ici pourquoi j’avais opté pour un corset droit plutôt qu’un corset en S.
Il m’a donc fallu trouver un patron : fastoche ! J’ai le Corsets and Crinolines de Norah Waugh, et le Corsets de Jill Sallen qui tous deux contiennent des corsets de la bonne période.

Oui mais voilà, ce sont tous les deux des corsets en 8 pièces : deux demi-devants et deux demi-dos de chaque côté. Or j’ai lu récemment (je ne sais plus où, désolée pour la source !) que plus la madame elle est « grosse » et plus il faut de baleines (pour soutenir/écraser/déplacer tout le gras) et donc plus il faut de pans… En plus c’est plus joli d’avoir plein de lignes de découpe pour souligner les courbes, que des grand morceaux de corset massifs (ça n’est pas flatteur, exit l’illusion d’optique amincissante).

Et puis en allant voir sur Bridges on the Body son SAL du corset Titanic (le 1910 de Norah Waugh), je suis tombée sur un autre patron, en 10 pans celui-là, qu’elle a reconstitué à partir d’un vrai corset historique acheté aux enchères, non daté. Son estimation d’après les lignes et la longueur de la bête le situe entre 1910 et 1914: tiptop, adjugé, vendu ! (L’article où elle explique toute la démarche est .

corset 1910, patron Bridges on the Body

Pour commencer, le patron d’origine est décalqué sur une feuille A4, donc en petit. J’utilise la méthode de Foundations Revealed pour mettre un patron à ses propres mensurations :

1)Je trace les lignes de taille, de poitrine, de petites hanches (PH pour les intimes), et pour ce corset long, de grandes hanches (gentiment abrégé GH qui peut aussi vouloir dire Gras Horripilant, hihi) également

2)Je trace les lignes verticales de milieu devant (le long du busc), milieu dos (le long des œillets de laçage) la ligne estimée de côté(à peu près au milieu de ma pièce n°3), et le milieu de chaque pièce intermédiaire.

3)Je mesure très précisément sur le patron la longueur de chaque petit morceau de la ligne de taille, d’une ligne verticale à un bord de pièce et je note cette mesure sur mon patron.

4)Je totalise toutes les mesures de ma demi-taille dos (de la verticale de côté jusqu’au milieu dos) et je note ce total dans une boîte au bout de la ligne ; idem avec ma demi-taille devant (de la verticale de côté jusqu’au milieu devant), hop dans une autre boîte. Et on recommence tout ça avec la demi-poitrine dos, la demi-poitrine devant, la demi-PH dos, etc…

5)C’est l’heure fatidique pour l’allergique aux maths que je suis : je sors la calculatrice ! Et là, heureusement que Cathy Hay a tout bien expliqué dans son document, car sinon je serais restée à jamais coincée là… Pour chaque petite mesure faite(le nombre écrit sous chaque petite ligne), je calcule sa proportion dans la mesure totale (le nombre écrit dans la boîte en bout de ligne) avec la formule suivante : (*petite mesure* divisé par *total dans la boîte*) x 100 = pourcentage. Je note soigneusement et LISIBLEMENT chaque pourcentage à sa place. Il me servira à calculer la longueur de chaque morceau en fonction des mes mesures à moi, en taille réelle.

Pffiou, ça en fait des calculs, merci la calculatrice… On continue ?

6) On attrape son mètre ruban et on passe aux mesures qui fâchent: tour de taille, tour de poitrine, tour de PH, tour de GH, tour de dessous de poitrine (underbust en anglais, que par flemme j’ai surnommé UB), et tout un tas d’autres : hauteur de sein, distance entre les mamelons, hauteur taille-UB, , longueur demi-taille devant, demi-poitrine devant, demi-UB devant, demi-PH devant, demi-GH devant.

7) Et voilà que... YOUPI, encore des maths, pffff ! Bon cette fois c’est facile : comme on ne travaille que sur un demi corset, il faut diviser par deux les mesures demi-taille devant et demi taille dos, idem pour les autres « étages ». Si on envisage un espace de laçage au dos (pas fermé bord à bord), penser à diviser l’espace souhaité par 2, et enlever cette demi-mesure à chaque résultat obtenu au dos.
Exemple : l’espace le plus communément vu pour le laçage est de 5 cm, je vais donc enlever 2,5cm à toutes mes demi-mesures du dos

Là, j’ai rencontré un flou artistique : quid de la restriction ? Cathy Hay en parle au début, lors des prises de mesures, puis plus du tout… Je suis donc partie du principe que je travaillerai sur les mesures AVEC restriction, mais évidemment, dès qu’on me lâche la main dans le grand bassin des maths, je me noie : j’ai enlevé la moitié de ma restriction à chaque mensuration (ben oui, je travaille sur un demi-corset), au lieu d’un quart… Je suis bonne pour recommencer mes 8 calculs, heureusement que je ne suis pas allée plus loin que cette étape ! Je l’ai échappé belle…

Un peu de shopping plus tard, puisque sur mon lieu de vacances je n’ai pas de papier de brouillon ou à patron, je sors de ma musette un paquet de copies simples quadrillées en 5x5, et un rouleau de scotch. Pour quoi faire ? Ben mon patron grandeur nature, pardi ! Le 5x5 parce que c’est pratique pour avoir des lignes de références bien parallèles pour mon patron, et le scotch, parce que mon hémi-buste ne tient pas sur une feuille A4… Va falloir faire du puzzle.

8) Après avoir estimé à la louche la longueur du corset, et divisé mon tour de GH par deux (c’est ma plus grande mesure), j’ai assemblé 6 feuilles. J’ai tracé mes milieu devant et milieu dos bien au bord des feuilles, et placé ma ligne de taille un peu au pif.
Conformément aux instructions de Cathy Hay, j’ai dessiné la ligne de PH 7,5cm sous la ligne de taille, et la ligne de GH 7,5cm sous les PH. J’ai quand même un doute à ce sujet, on n’a pas toutes des hauteurs de bassin standard ?
Edit 3 jours plus tard: dans The Basics of Corset Building, j'ai lu aujourd'hui que Linda Sparks utilise bien des mesures réelles...RHHHAAAAAA!!!!! Tout le patron à refaire!!!!

9) Re-Maths : vite, la calculatrice ! On reprend les pourcentages de toute à l’heure et on calcule les vraies mesures : mon demi-tour de taille dos fait N centimètres, et le pan 5 (milieu dos) en représente 40%.
Je calcule donc N x (40/100) = la largeur de mon pan 5 ! Hourraaaaaaa ! Et rebelotte avec touuuuuuus les pourcentages à touuuuus les étages. Et voilà le travail!

La suite quand j'aurai regagné mon chez moi, je n’ai pas de tissu moche pour faire ma toile ici, et pas d’Emmaüs sous la main pour trouver du vieux drap. Les rideaux du gîte ? Mouais, pas sûr que le proprio soit d’accord…

En attendant, vous pouvez venir par ici rêver un peu avec moi sur les belles robes…

Murder Party en 1910: Inspiration

Une Murder Party se prépare sur le forum des Fées Tisseuses.
Elle sera costumée, comme il se doit, sur le thème des années 1910.

C’est une période fort intéressante en terme de costume féminin : pensez aux tenues que l’on peut voir dans le Titanic de James Cameron, ou dans la première saison de la série Dowton Abbey, où mères et filles marquent bien le contraste des générations par leurs tenues radicalement différentes.

Les années 1910 à 1920 sont une ère de transition entre l’Art Nouveau et l’Art Déco. On passe de la courbe à la ligne droite, de la volute à la géométrie… cela se traduit aussi bien dans l’ornementation des tenues que dans la silhouette générale.






A la Belle-Epoque (période édouardienne pour les anglais), le corset des Gibson Girls modèle le corps en forme de S: poitrine opulente en avant, taille de guêpe, croupe généreuse et hyper cambrée; par-dessus viennent des robes à l’avenant, chargées de dentelles sur le corsage pour l’effet «buste de pigeon», taille à sa place naturelle, et jupe ample avec traîne.



A l’approche de la Première Guerre Mondiale, le corset s’allonge, devient plus naturel (on ne recherche plus forcément une restriction de taille) et tend à donner à la femme la forme d’une colonne sans taille ni hanches distinctes; autour de cette colonne se drapent des robes plus fluides que lors de la mode précédente, dont la taille remonte petit à petit jusqu’à une taille empire, et la jupe tend à se raccourcir au fil des ans et perd de plus en plus son ampleur. Ce mouvement aboutira dans les années 20 au style garçonne des Années Folles.



De 1908 à 1912, les deux styles cohabitent et se mixent, évoluant doucement de l’un vers l’autre, ce qui nous laisse une grande liberté de choix, tant dans la forme du dessus que des dessous.

Comme il est impossible d’obtenir parfaitement la ligne d’une période avec le vêtement seul sans structurer avec des sous-vêtements (à moins d’avoir le corps parfaitement taillé comme la période), il va donc falloir envisager le corset. Et là dilemme et long combat avec moi-même: j’ai effectivement une ligne naturelle beaucoup plus Belle Epoque que Titanic et il suffirait de peu de soutien pour faire illusion…
MAIS:
- Je dispose de peu de temps et de budget pour le projet complet, et les robes début de siècle sont bien plus complexes et gourmandes en tissu que celle des années 1910
- Je préfère le style 1912, c’est vraiment l’année où je trouve les robes les plus à mon goût
- Passer toute une journée cambrée, les fesses en arrière, alors que j’essaie de remuscler mon dos et mes abdos pour me débarrasser de mon mal de dos… mauvaise idée!
- Je suis encore peu expérimentée en corsetterie, et les corsets édouardiens, avec leur empiècements de hanches, ne sont pas connus pour être les plus faciles à réaliser…

Je vais donc tenter un corset 1910.

Pour les dessous, n’étant pas fan des épaisseurs accumulée, je vais remplacer le combo chemise + pantalon par une combinaison dans ce genre-là : l’ancêtre du combi-short!


Dessus, il y aura une combinaison jupon (princess slip en anglais).


Et pour la robe, j’ai plein d’idées irréalisables, mais le modèle définitif sera fonction des tissus pas chers dispos quand j’irai chez mon dealer de tissus.

Mon projet vous intrigue? Suivez le guide: ma page Pinterest pour les inspirations est ici, et la première étape du projet est .

mardi 16 juillet 2013

Robe New Look (1): Inspiration

Bonjour!
Depuis quelques temps, j'envisage un joli projet de robe d'été pour fêter ma décennie qui se termine.
L'inspiration principale vient de la mode des années 1950, le New Look lancé par Christian Dior, que j'apprécie tout particulièrement pour la féminité de ses lignes: bustes moulés, jupes plissées au kilomètre, jupons de tulle à foison...

Voici quelques modèles qui ont attiré mon attention (le reste des images de référence est visible sur mon tableau New Look et sur celui du projet en question)


Sympa, non? L'idée générale, c'est une robe longueur au genou (ou sous le genou), avec un décolleté drapé, un empiècement à la taille qui démarre sous la poitrine et descend jusqu'aux petites hanches pour rallonger mon buste trop court, et un dos nu.

Passons aux photos plus détaillées de ces différents éléments:

LE DRAPE: Je réfléchis actuellement à la forme de la structure qui soutiendra ce drapé: bustier coutures princesse? bonnets triangulaire? avec coques de renfort? Je suis preneuse de tous conseils et suggestions... la boîte à commentaires vous tend les bras ;-)


LE DOS NU: bretelles nouées dans le cou? ou sur l'épaule? et taille boutonnée.


LA JUPE: Ma première idée était la classique jupe cercle (photo 1), mais mon tissu est rayé, je risque de me retrouver avec des rayures dans tous les sens, j'ai donc testé en fronçant le tissu dans le droit fil (photo 2)... puis je viens de tomber sur la troisième image: magnifique!! Je vais tenter des jeux de lignes géométriques...


Affaire à suivre! J'ai déjà tenté des épinglés, je vais en refaire pour tester les chevrons, et je vous posterai tout ça dans un prochain article. D'ici là, n'hésitez pas à partager vos impressions sur ce projet... A très vite!

vendredi 12 juillet 2013

Crazy Robe de l'été: Festival de photos moches!

Après quelques sueurs froides à cause d'une aiguille de machine à coudre cassée et coincée derrière la cannette, me voici venue à bout des volants pour allonger la robe.

C'est parti pour le festival de photos moches!






 Maintenant, il va falloir masquer au moyen de la crazy-jupe le gradubide, la couture d'assemblage du volant et les taches!




mercredi 10 juillet 2013

Projet à 0 Euros: ma Crazy Robe de l'été

Cette création m'a été inspirée par deux sources: Chèresloques, créatrice Choletaise spécialisée dans le recyclage de vieilles fringues en merveilles colorées, et Elfyne, fée tisseuse et organisatrice du défi de mai.

Le concept de départ est la "crazy jupe", elle -même inspirée de la technique du Crazy Patch.
la crazy jupe d'Elfyne


 Pourquoi ai-je précisé "projet à 0 Euros? Parce que ce projet ne me coûtera rien, en dehors d'un peu d'électricité pour la machine à coudre!
Tout est issu de mon placard: la robe de base est une vieillerie qui appartenait à ma soeur, est trop petite pour moi et a des taches dans le dos et sur la jupe. Toute la déco rajoutée sera tirée de chutes de tissus issus d'anciens projets, et de bouts de machins (rubans, boutons, galons etc...)

Voilà la robe de base toute nue: c'est une robe en jersey de coton côtelé écru, à découpes princesses, haut marcel et jupe évasée. Elle est trop courte (m'arrive à mi-cuisses) et trop moulante (marque le gradubide)


Après moults épinglages, j'ai décidé de la rallonger au moyen d'un volant froncé à rayures bayadères.




Le tissu utilisé est du coton bio acheté sur le site Ar-Brinic pour faire une écharpe de portage d'été à une copine en 2007. Il m'en restait un grand pan déjà ourlé sur les côtés, de 2m30 en 68cm de large.








J'ai coupé cette bande en 8 pans de 25cm de haut, que je fronce et pose côté à côté à 10cm du bas de la jupe. Je ne fais pas de coutures de jonction entre les pans, ça économise de la largeur de tissu et du temps de couture, et comme ça je garde un peu d'aisance pour la marche et de fluidité de mouvement à la jupe!



Voici déjà 2 pans de posés sur les 8:













A très vite pour la suite...

vendredi 31 mai 2013

Le défi d'Elfyne #31: Couronné de succès!

En mai, porte ce qui te plaît, le défi!
mai

Voici un défi très sympa qui se termine...
Il m'a poussée à fouiller dans mon stock, redécouvrir des créas mal aimées, réinventer de nouvelles façons de les porter, les apprécier, les mettre en valeur.

Et pour finir en beauté, dernier jour, nouvelle créa: bricolée exprès pour le défi, avant-hier soir, c'était un projet en attente depuis environ un an.

Je vous présente donc mon bandeau d'inspiration edwardienne:
j'ai totalement flashé sur ces plaques de métal fleuri de la Droguerie, très Art Nouveau à mon goût. Montées avec des bandes de chips de cristal de roche de perlesandco, et voilà un sympathique bandeau, qui se ferme par un ruban noué sur la nuque, ce qui permet de le porter également sur le front façon années folles...
 (PS1: avec ma coiffure du jour, ça fait plutôt un effet Renaissance, en fait...)
(PS2: je n'avais jamais remarqué que j'ai des lunettes Art Nouveau aussi, MDR!)






jeudi 30 mai 2013

Le défi d'Elfyne # 30: Girandoles!

En mai, porte ce qui te plaît, le défi!
mai

Girandole toi-même!

Des girandoles? Mais qu'est-ce que c'est que cette bête-là?

DEFINITION: Ensemble de pierres précieuses, disposées en pendants d'oreille. Bijouterie fine, consistant (...) en girandoles de diverses couleurs et de diverses façons (Voy. La Pérouse,t. 1, 1797, p. 244).
 La première utilisation du mot girandole désignait les chandeliers à pendeloques en cristal. Le terme a donc dérivé vers les boucle d'oreilles qui pendouillaient et brillaient...

UTILISATION: Le terme est apparu en 1740... Et oui, son origine dans mon placard est directement liée au projet XVIIIème. Il s'agit de la deuxième moitié de la parure Marie-Antoinette, la première étant le collier à l'esclavage présenté le 15 mai. 

ILLUSTRATION: